Empreint de nostalgie, de douceur et de sensibilité, mon travail porte aussi une tonalité éteinte et énigmatique. Il entre en dialogue avec des notions comme la disparition, l’enfance et l’éducation.

Capacités associatives et pensée non linéaire sont à la base de mon language visuel. De ce fait, je m’intéresse particulièrement à la temporalité et le travail de séquence des images fixes ou en mouvement. Cet intérêt m’amène à concevoir l’entre-image plutôt que l’image unique.

La psychologie de certains sujets est abordée à travers une approche émancipatrice et créative, guidée par le potentiel sensitif et empathique; plutôt qu’une analyse sociale, axée sur la différence. 


My work is tinged with nostalgia, softness and sensitivity, yet it also holds a sense of the veiled and enigmatic.  Disappearance, childhood and education are notions with which it grapples.

The pairing of ideas and images and non-linear thinking form the core of my visual language. Temporality and sequencing of still and moving images are elements I hence engage with and have pushed me to consider the in-between image rather than the single image.

I address my subjects and their mental condition through a creative and emancipatory process guided by sensitivity and empathy; I distance myself from social analyses centred on differences.

 
 
 
 

SOUVIENS TOI HIER

Au bord de la présence, deux figures atemporelles, une longue journée d’été, la campagne.


« souviens toi hier » fait défiler les errances de deux jeunes filles qui semblent avoir disparues sans s’en rendre compte. C’est notre regard qui remet en question l’existence de ces figures discrètes. Les souvenirs de cette enfance semblent refaire surface par bribe : les lieux d’un temps de jeu arrêté, un magnétisme qui les rapproche, le passage des mains sur la table, les habits sans personne, le chapiteau vide, le vent. Des fragments saisis entre les ellipses temporelles. Une inquiétude stagne en filigrane.

Cette installation de projections expose un diaporama d’images fixes interrompues par des capsules vidéos. Ce rythme hypnotisant et nostalgique ravive l’image mentale du souvenir. Dans un premier temps, mon processus consiste à filmer des petites scènes indépendantes les unes des autres. À partir de cette matière initiale, des images fixes sont extraites et pensées en une nouvelle séquence. Issu d’une résidence durant laquelle j’ai mis de côté l’appareil photo et la conception de l’image unique, ce projet incarne un nouveau processus que je veux porter vers l’avant.
 


On the verge of existence, two timeless figures, a long summer day, the countryside.


« souviens toi hier » captures the roamings of two young girls. They appear both real and unreal as if floating somewhere beyond life and the constraints of time. The existence of those discrete figures is questioned by your gaze. The memories of childhood re-emerge through fragments: the sites of pastimes, arrested; the magnetic force drawing the girls together; gestures at the table; clothes and no bodies; an empty tent; the wind. Fragments grasped through the narrative gaps. Tension lingering below the surface.

A diaporama of images interspersed with video clips, the installation reanimates memories and their mental image through Its hypnotising rhythm. The piece’s production involved filming entire sequences and extracting still-images from the original film material and rearranging them as a new sequence. Created during a residency project for which I decided to give up the camera and the notion of a single image, this project marks the start of a new approach I want to continue developing. 

 
 
 
 
 

BLEU HORIZON

 

En se distanciant des stéréotypes sociaux, BLEU HORIZON montre Luca avec sensibilité et empathie. La série documente une relation et une même sensibilité au monde, vitale mais parfois paralysante. Les lieux et les objets de la série évoquent à la fois les possibilités créatives de sa vision et les contraintes que la société lui impose. L'espace photographique devient tour à tour un espace de liberté et un espace de confinement.


By distancing itself from social stereotypes, BLEU HORIZON looks at Luca with sensitivity and empathy. The series documents a relationship and shared sensitivity to the world, one vital yet at times paralysing. The spaces and objects of the series underline both the creative possibilities of his vision and the constraints that society imposes upon him. The photographic space is in turn a space of freedom and a space of confinement.  

 
 
 
 
 

CHILD VANISHES

« Child vanishes » naît du rapprochement de six films à l’époque, au genre et au discours différent; un seul point commun : un disparu.


2001, Space Odyssey, Stanley Kubrick, 1968.
Kes, Ken Loach, 1969.
The Wild Child, François Truffaut, 1970.
Gummo, Harmony Korine,1997.
Here name is Sabine, Sandrine Bonnaire, 2008.
Dogtooth, Yorgos Lanthimos, 2009.

Cette édition présente une réappropriation de « stills » issus d’une collection personnelle. Ces « images clé », moments suspendus et isolés, nous amènent dans un univers à la fois inquiétant et intriguant. Le travail de séquençage a été guidé par des correspondances entre les images : de gestuelle, d’ambiance ou métaphoriques. La trame, elle, est constituée des thématiques du jeu, de l’enfance, de l’éducation et de la disparition.

« Carabine. Carabine est un bel oiseau blanc »
« est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir? »
« Le frère, Sabine, Gummo, Victor, Kes, Dave »


« Child vanishes » draws on six films. All different in genre and discourses, yet one common feature: a character, disappearing. 


2001, Space Odyssey, Stanley Kubrick, 1968.
Kes, Ken Loach, 1969.
The Wild Child, François Truffaut, 1970.
Gummo, Harmony Korine,1997.
Here name is Sabine, Sandrine Bonnaire, 2008.
Dogtooth, Yorgos Lanthimos, 2009.

This small book is made of stills pulled from the films. « Key images » isolated moments: they draw us into a world both intriguing and unsettling.  Formal similarities in body gestures and atmosphere, and metaphorical correspondences guide the sequence. Play, childhood, education and disappearance are the narrative’s focus.

« Carabine. Carabine is beautiful white bird »
« Do birds hide to die? »
« The brother, Sabine, Gummo, Victor, Kes, Dave »

 
 
 
 
 

OBJET REGARD

C’est son premier jour ici, moi mon dernier. On lui apporte une branche, parce qu’avec c’est plus facile de regarder les autres à travers. On dit que je fais comme toi — avec la caméra, objet-regard.

Ce projet approche les sensibilités autistiques à travers leurs singularités. Il invite la rencontre dans un rapport plus sensitif au monde. Dénué de discours, ces moments sont mis en évidence par les postures, les déplacements de corps et de regards. 

Je me sers de la caméra comme outil pour aiguiser mon regard à ces sensibles subtilités. La rencontre par le jeu est privilégiée par rapport à la hiérarchie maître/pupille. Alors, le rôle cadrant de l’adulte s’estompe; l’amusement prend le dessus.